Fictions, passages

Paris, théâtres 1900

Dire que la fiction n’est qu’un réagencement de matériaux réels, fonctionnant comme le rêve par condensations, concrétions, accumulations, éliminations, et puis peurs, et assouvissements – et qu’il y a, au hasard, de l’imaginaire américain du désert syrien dans l’imagerie du dernier Star wars – c’est dire aussi que le réel peut être perçu comme une catégorie particulière de fiction, tout comme l’immobilité est une catégorie particulière du mouvement.

Dire de plus que les fictions se réagencent sans cesse pour se réinventer, pour retrouver le plaisir du premier enchantement des premières histoires – et qu’il y a, par exemple, du premier Star wars dans le dernier Star wars – c’est dire également que nos cheminements initiatiques se copient, se dupliquent, trouvent leurs variations à partir du modèle lui-même, et préservent à la façon des plantes infiniment reboutées les informations nécessaires au prochain fleurissement, au prochain héros, à la génération nouvelle. Il se peut que nous mourrions. Il se peut que la plante se fane. Seules les forêts subsistent.

Il arrive aussi qu’elles brûlent. L’oubli est toujours à l’affût. Et le véritable oubli vient toujours après : l’oubli, c’est l’oubli de l’oubli.

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