Fake news

Ce qui littéralement fait fake news, fausses nouvelles, c’est le faux nouveau. Le faux nouveau, ou plus gentiment exprimé le faux renouvellement, c’est par exemple une politique qui est un peu le décalque de celle d’il y a 150 ans, celle du Second empire, faite pour et par les possédants, et où la presse appartenait à quelques banquiers, et où certains journalistes vedettes s’occupaient à fabriquer l’opinion ou à la divertir : « ainsi, Ponson du Terrail écrivait chaque jour une page différente pour Le Petit Journal, La Petite Presse, quotidien littéraire, L’Opinion nationale, quotidien politique pro-impérial, Le Moniteur, journal officiel de l’Empire, La Patrie, quotidien politique très sérieux » notait Pierre Bourdieu dans les Règles de l’Art. Cela ne nous change guère. Il y eut peut-être entre nos deux époques des épisodes de diversité plus heureux. Mais voilà qui marque évidemment un effet de structure, persistante dans la durée, de domination et de discours, beaucoup plus qu’un renouveau (à moindre de prendre ce terme pour ce qu’il est, le renouveau de la structure, de façon à la rendre plus persistante encore). Ainsi, comme la révolution dont un certain a fait le titre d’un livre (prise au sens astronomique elle permet de faire un tour sur soi pour revenir en place) suffit-il de faire croire que tout bouge – pour que rien ne change.