Invention de la nostalgie (reprise)

C’est en 1688 qu’un médecin de Mulhouse, Johannes Hofer, inscrit à l’université de Bâle, inventa la nostalgie. Pour Hofer, c’était le “mal du pays” (Heimweh) – et ce terme recouvrait une pathologie possiblement mortelle. Avant lui, donc, le mot n’existait pas. Non qu’on ne ressentait pas son sentiment. Mais on utilisait plus généralement le terme latin de desiderium pour qualifier cette affection. Desiderium était le sentiment d’Ulysse pleurant sa patrie sur le rivage de Calypso.

Desiderium donna désir au Français, qui lui préféra longtemps pour le traduire le terme regret, avant d’adopter la nostalgie du docteur Hofer. Le plus intéressant est peut-être ici : étymologiquement, pour certains, desiderium contiendrait l’astre (sidus/sideris). Nous serions ainsi, du moins par les mots, dans le regret, ou le désir de l’astre. Voilà donc pourquoi les époques les plus littéralement “dés-astreuses” sont celles où règne la nostalgie : nostalgie d’ordres anciens, de gloires passées, de religions ou de pays “great again”.

Vraiment, les temps perdus sont impossibles.

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